Extraits d'enseignements de Gangteng Rimpoché


L'Ignorance

Extrait de L'Escalier de Cristal, Tome III : Les souhaits de Kuntouzangpo




L'ignorance n'a pas de réalité propre, on ne peut en faire une vérité ni la fixer. Elle se manifeste temporairement, comme ça, mais ne réside nulle part.
Cet enfant se reconnaît comme roi, il sait maintenant qui il est: quand il était mendiant et ignorant, d'où provenait cette ignorance? où demeurait elle? Il n'était pas volontairement déchu.
Cette expression, lucidité originelle, spontanée, est d'un sens immensément profond.
C'est la conscience ordinaire, présente ici même, non souillée des pensées des trois temps, conscience authentique, connaissance originelle omni pénétrante, nue sagesse qu'il faut reconnaître.
Qu'il y ait objet ou pas, qu'il y ait mental ou pas, le passé déjà disparu, le futur encore
inexistant, le présent non fabriqué, dans le quatrième temps, en un instant, comme un éclair illumine l'espace, vous connaissez.
Voila ce qu'il faut reconnaître.
Longtchènpa l’omniscient dit que reconnaître directement, dans le samsara ou dans le nirvana, dans les pensées des trois temps, en toutes circonstances, reconnaître de façon parfaitement directe et totalement nue est bien l'enseignement spécial du dzogtchèn!
Les pensées peuvent onc apparaître... ou ne pas apparaître... les instants sont parfaitement limpides, leur vacuité totalement transparente.

Gourou Rimpotché dit encore:
Même si le monde matériel apparaît,
Si les êtres vivants semblent le peupler,
Installe-toi en leur absence de vérité:
Ils sont la divinité claire et vide.

Longtchènpa l'omniscient dit que, quels que soient les objets extérieurs, forme, son, odeur, goût ou toucher, et quelles que soient les consciences intérieures - conscience de l' œil, de l'oreille, du nez, de la langue et du corps, les cinq consciences, ou bien les six ou les huit - quand il y a perception, il faut être présent, vigilant et lucide, et pourtant, éviter de saisir et de fixer la perception.
Il dit encore que quand les apparences intérieures et extérieures, celles du samsara ou du nirvana, quelles qu'elles soient, ne sont pas saisies, les perturbations émotionnelles sont sagesse; quand elles sont saisies, la sagesse elle-même devient perturbation de l'esprit.
Celui qui s'est assuré cette vue, qui a réalisé ce point crucial, est un grand méditant, son absorption est le flux continu d'un grand fleuve.

Pensez soigneusement à la base, au rayonnement de la base et à cette lucidité originelle